Rhinoplastie secondaire

Résultats Rhinoplastie secondaire

La rhinoplastie secondaire ne peut être considérée comme la répétition plus ou moins difficile d’une rhinoplastie primaire. Il s’agit d’une “entité chirurgicale distincte”.



Chirurgie de la cloison nasale

La chirurgie de la cloison nasale ou septoplastie est depuis toujours un sujet de controverses. Introduite pour soulager l’obstruction nasale lorsqu’il existe une déviation du septum, son efficacité n’est pas toujours au rendez-vous. Certains patients, malgré une chirurgie parfaitement exécutée, disent avoir toujours le nez bouché. C'est pour cette raison qu'une analyse précise de l'obstruction nasale doit être entreprise afin de ne pas méconnaître une autre cause. 

 

Réalisée sous anesthésie générale, l’opération de la cloison nasale procède d’une analyse minutieuse de la gêne respiratoire. Cette opération du nez peut être isolée ou bien couplée à la chirurgie esthétique du nez. L’on parle alors de septorhinoplastie. En présence de fractures multiples du septum cartilagineux, ou devant l’existence d’une déviation complexe, la mise en place d’une plaque de PDS permet de stabiliser la cloison nasale. Comme cela est souvent demandé, après une opération de la cloison, le nez n’est pas plus fragile. Les résultats sont généralement obtenus entre un et trois mois.


Toute la difficulté réside dans le fait qu’il n’existe de méthode de mesure objective de l’obstruction nasale. Tous les examens disponibles à ce jour ne permettent pas de corréler avec précision, la sensation de “nez bouché” rapportée par le patient et le siège de l’obstruction nasale observée. Une déviation évidente de la cloison nasale n’est pas toujours la cause de la gêne constatée par le patient. C’est pour cette raison que l’analyse d’une obstruction nasale doit être rigoureuse. Le chirurgien doit obligatoirement s’aider des outils actuellement disponibles comme la
rhinomanométrie, la rhinométrie acoustique et la tomodensitométrie du massif facial.

Mais une autre explication à l'insuffisance de résultats d’une chirurgie de la cloison nasale est le caractère multifactoriel de l’obstruction nasale. A une déviation septale, peuvent s’ajouter une hypertrophie des cornets inférieurs, une pathologie de la valve nasale, un rétrécissement de l’orifice piriforme... Et, à ces anomalies architecturales, une inflammation de la muqueuse nasale (allergie notamment) peut majorer, par sa composante fonctionnelle, la sensation de nez bouché. Toutes ces remarques doivent conduire le chirurgien à une certaine prudence avant d’envisager une chirurgie du septum nasal.

Keystone area, clé de voute de la cloison nasale

Le septum est un ensemble d’éléments osseux et cartilagineux reliés par des sutures semblables à une articulation encastrement. La cloison nasale peut être divisée en trois zones: une zone supérieure, osseuse, peu sensible aux déformations; une zone inférieure, osseuse et cartilagineuse, déformable au cours de la croissance du massif facial (luxation chondro-vomérienne) ou lors d’un traumatisme, et une zone antérieure, cartilagineuse, composée des cartilages quadrangulaire et triangulaire dont une partie s’attache sous les os propres du nez. Cette clé de voûte, appelée “aire K” ou “keystone area” est une région qu’il faudra respecter dans la plupart des rhinoseptoplasties esthétiques et fonctionnelles.

 

Nombre d’auteurs ont publié des classifications, toutes aussi intéressantes les unes que les autres, des déformations de la cloison nasale. Pour simplifier, il existe des déviations antérieures, postérieures, complexes auxquelles s’associe des luxations chondro-vomériennes, des déformations de l’épine nasale antérieure, des angulations verticales, horizontales mais aussi des luxations du bord caudal du septum aux conséquences fonctionnelles et esthétiques. 


Ronflements, Apnées du sommeil et Septoplastie

Toute déviation de la cloison nasale, par l’augmentation des résistances des voies aériennes qu’elle entraîne et par les perturbations induites de l’écoulement du flux aérien, intervient dans les mécanismes de ronflements et d’apnées du sommeil. Les stratégies thérapeutiques sont relativement bien codifiées actuellement. Il a été démontré que la chirurgie de la cloison nasale associée ou non à celle des cornets inférieurs chez les patients correctement sélectionnés permet à elle seule d’améliorer la qualité du sommeil et de réduire la somnolence diurne chez les patients ronfleurs et les patients avec syndrome d’apnées obstructives du sommeil. De plus, la chirurgie de l’obstruction nasale améliore la tolérance de la ventilation à pression positive continue lorsque celle est prescrite. Par contre, il est aujourd’hui impossible de démontrer les bénéfices d’une chirurgie du septum nasal sur la réduction des ronflements. Si certains patients ont vu réduire la fréquence ou l’intensité des ronflements après une septoplastie, cela ne doit en aucun cas amener le chirurgien à proposer cette solution de façon systématique. 

 

Un dernier point à évoquer, et non des moindres, est celui de la chirurgie de la cloison nasale pour algies faciales (céphalées, “maux de tête”). Il n’est pas rare qu’un patient consulte pour des douleurs faciales, parfois sinusiennes et que l’examen clinique révèle une déviation du septum dans la même région que les douleurs. Or, à ce jour, aucun travail publié sur les relations entre algies faciales et déviation de la cloison nasale ne permet objectivement de conclure à l’efficacité de la chirurgie septale. Il convient donc au chirurgien d’apprécier pour chaque patient le bénéfice d’une éventuelle chirurgie de la cloison.

 

Date de la dernière modification : le 31 juillet 2014


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